Région de Naples (du 23 février au 1er mars 2007)      

Conduire en Italie, 1ere partie (en ville)  Le 22 février au matin, je prends possession de notre véhicule (Renault Espace, acquis avec le programme Achat-Rachat) juste à l'extérieur de Rome.  Je dois entrer en ville aller chercher les bagages et la famille.  Voilà 20 ans que je n'ai pas eu d'accident de la route et en 20 minutes à Rome, BANG, un vrai tonton excité (Jayaweera Kadawath Pedige de son nom) me rentre dans le derrière.  Je n'en reviens pas, une voiture qui n'a que 40 kilomètres au compteur qui se fait rentrer dans le derrière.  Heureusement, les dommages à ma nouvelle Renault ne sont que minimes, en fait, je n'ai qu'une petite égratignure sur le pare-choc arrière, tandis que le devant de la "micro" Opel de mon excité est pas mal plus esquinté (phare en éclats, pare-choc avant défoncé).  Ça commence bien notre expérience de route en Italie...   Ceci dit, pas tous les Italiens sont des fous du volant, cependant il est vrai que certains se prennent pour des pilotes de formule 1 au commande d'une Ferrari; le problème c'est qu'ils conduisent des voiturettes de Golf, n'ont jamais pris de cours de conduite et ne sont pas sur une piste de course, mais en plein centre-ville.  Résultat : Quelques épais gâchent la vie de tous les autres et ça, on voit ça partout sur la planète.

Notre belle Renault Espace près de Salerno

     Arrêt pour le dîner, auto à l'arrière

   La baie de Naples avec la ville en arrière plan

En route à bord de notre belle auto qui n'est plus tout à fait neuve, mais qui est équipée d'un GPS intégré (un gadget vraiment ultra pratique qui nous indique à l'écran où nous sommes sur la carte), nous voilà enfin complètement libres de nos mouvements.  Nous nous dirigeons vers le Sud, dans la région de Naples.  On nous a complètement déconseillé de conduire à Naples, car les gens conduisent comme des malades mentaux et c'est mille fois pire qu'à Rome, alors on contourne la ville, question de ne pas transformer notre Renault en perte totale en 15 minutes.  Nous nous dirigeons à Sorrento sur la côte montagneuse.  Sympathique petit village, mais très touristique.  Heureusement, nous sommes encore dans la saison morte, alors ce n'est pas trop occupé, mais on peut imaginer que cela doit être un peu suffocant l'été alors que tous les hôtels sont bondés.  Il faut comprendre que Sorrento est un village assez petit et haut perché dans les montagnes.  Les rues sont étroites et il ne doit pas y avoir beaucoup d'espace pour bouger en haute saison.  On fait rapidement le tour du village.  Cela me rappelle certains villages touristiques que j'ai vus l'année dernière en Grèce.  Joli, mais un peu attrape touristes.  Après une nuit à Sorrento, nous décidons de mettre le cap un peu plus au Sud, vers Salerno.  La région est désertée. Il fait 20 degrés au soleil, mais pour les Italiens de la région, c'est l'hiver et il fait trop froid pour faire quoique ce soit.  Il y a des kilomètres de plage non entretenue.  La scène est désolante.  Des déchets partout, partout, sur des kilomètres.  J'ai, l'espace d'un moment, l'impression d'être à Calcutta.  Je me pince, ben non, je suis bien en Italie.  J'ai rarement vu ça.  Des seringues, des bottes, des bouteilles de tous les genres, des pneus, du styromousse, du verre brisé, des sacs de plastique partout, la plage est un véritable dépotoir et la lisière de pins qui sert de dunes est également couverte de détritus en quantité industrielle.  C'est franchement incroyable.  Sur des kilomètres...  Je veux bien croire que c'est l'hiver pour les gens de la région, cela n'explique pas pourquoi des tonnes de déchets sont laissées partout à l'abandon dans un endroit qui pourrait être si majestueux.  Les enfants veulent à tout prix aller jouer sur le sable et se baigner.  Il faut garder ses souliers, car nous avons vu plusieurs seringues, et s'installer à côté de l'eau, là où la marée a nettoyé la plage.  Ce n'est malgré tout pas très rassurant.  Louis a réussi à trouver quelques coquillages et un beau kangourou en plastique (le kangourou de plastique doit être le Bernard LHermitte de la région).   Bref, pour conclure l'histoire, espérons que les municipalités italiennes du littoral nettoient un peu l'été, car si l'état des lieux actuel est le même en été,  aussi bien aller prendre un bain de soleil dans un dépotoir près de chez vous, disons à l'ancienne carrière Miron.

La plage en février, ça se prend bien.  Heureusement, la marée se charge de nettoyer une partie de la plage.

                         Escale à Sorrento

  Pasestum, où nous nous installons une semaine

Nous nous sommes installés à Paestum, un petit village à environ 40 Km au Sud de Sorrento.  Paestum offre un site archéologique vraiment incroyable. Des ruines grecques datant de 500 avant J-C, dont deux temples magnifiquement conservés.  En fait, on dit que ce sont les plus beaux du monde.  J'avoue que le temple principal est incroyable et je n'en ai pas vu beaucoup d'aussi beaux en Grèce l'année dernière. Bien que les grecs se soient initialement installés ici, se sont bien entendu les romains qui ont pris la relève, mais n'ont fort heureusement rien détruit.  Seules les divinités auxquelles les temples étaient dédiés ont à ce moment là été changées.  Le site archéologique est très intéressant à visiter et on peut se balader partout dans les vestiges où nous voyons de nombreuses mosaïques sur les planchers de ce qui jadis étaient des maisons.  C'est également le paradis du lézard vert.  Il y en a des milliers qui se prélassent au soleil.  Nous visitons ensuite le musée de Paestum où sont conservées les plus belles fresques retrouvées sur le site.  Excellente visite donc de Paestum.

Remarquable temple de Paestum, vieux de plus de 2400 ans.

      Reste de mosaïque

  Muraille du plongeur, symbole qui identifie aussi la ville

Dimanche 25 février, nous allons à Pompéi.  Wow !  On ne s'attendait pas à un site aussi immense.  L'ancienne ville de Pompéi nous est présentée au grand complet, avec ses nombreuses rues, ses maisons, sa place centrale, ses temples, ses amphithéâtres. Il faut clairement une carte pour ne pas perdre le Nord.  La structure des maisons est souvent similaire, avec pluvium (piscine pour récupérer l'eau de pluie) non loin de l'entrée principale, atrium autour duquel on retrouve les différentes pièces de la maison.  Ce ne sont que des vestiges, mais on voit par la disposition de l'architecture que cela devait être très beau et plaisant;  Rosemary a dit à juste titre que ces maisons devaient être très FengShuei.  La ville a subi plusieurs tremblements de terre au cours de son histoire, mais c'est l'éruption du Vésuve en l'an 79 après JC qui sonna le glas de cette ville romaine.  La plupart des habitants n'ont d'ailleurs pu évacuer à temps et sont morts lors de l'éruption.  La ville ne fut redécouverte qu'au XVIe siècle et c'est à cette époque que les excavations commencèrent. C'est au XVIIIe siècle qu'on découvrit des cavités dans la roche volcanique dans lesquelles se trouvaient des ossements humains. Le directeur des fouilles de l'époque eût la géniale idée de ne pas casser ces cavités (même si la tentation était grande pour récupérer les ossements), mais plutôt de les remplir de plâtre.  Une fois le plâtre pris, on cassa la roche volcanique autour.  Le résultat est stupéfiant.  Les moulages ainsi obtenus révèlent la silhouette et la position de la personne qui fut prise au piège par la cendre et le nuage de poussière dégagés par l'éruption.  On peut même voir les reliefs des vêtements que la personne portait.  La cavité ainsi moulée était en fait l'espace qu'occupait la personne avant de se décomposer au fil des années.  Au moment de la découverte, il ne restait plus que les ossements dans le fond de la cavité et ceux-ci ont été retirés dans le plâtre du moulage.  Fascinant !

Moulage qui révèle la silhouette de la personne, on reconnaît clairement la boîte crânienne.

Les dents sont encore très visibles, expression figée dans le temps.

Des moulages fascinants qui montrent la position des victimes

Cour intérieure d'une maison de Pompéi

Le plus petit des deux amphithéâtres de Pompéi

     Dans l'ancienne basilique de Pompéi

Conduire en Italie, 2e partie (sur l'autoroute)  Étonnamment, car on m'avait prévenu du pire,  la conduite sur l'autoroute est assez facile, même s'il est vrai qu'il faut être attentif en tout temps.  Je suis surpris de voir à quel point les gens respectent les limites de vitesse.  Encore une fois, ce sont les exceptions qui retiennent l'attention.  Oui, il y a des excités qui roulent à 180 Km/h, mais ce n'est pas du tout la règle.  Il faut simplement regarder dans le rétroviseur régulièrement et se tenir à droite.  À 110-120 Km/h, je me trouve à dépasser régulièrement, donc ils ne roulent pas tous en fou (peut-être parce que certains conduisent des voiturettes de Golf qui ne peuvent pas aller plus vite).  Ce sont surtout les motos qui roulent à tombeau ouvert, bref, comme au Québec.  LA véritable particularité sur les routes en Italie se retrouve sur les routes secondaires à une voie dans chaque sens, celles où on "rencontre".  Là, c'est magique, il existe une troisième voie imaginaire que seuls les conducteurs italiens semblent percevoir et elle se situe exactement sur la ligne médiane.  Que celle-ci soit pointillée ou continue n'a absolument aucune importance.  Bref, les plus téméraires dépassent sur des lignes continues dans les virages en espérant qu'il y ait de la place.  On apprend vite à conduire en partie sur l'accotement pour éviter les accidents et donner un peu de place à la troisième voie invisible.  On finit par s'habituer en roulant un peu moins vite et en faisant très attention.  Bref, deux mains sur le volant en tout temps et on peut oublier le concept du régulateur de vitesse en Italie, il faut toujours être attentif.

Petite dernière nouvelle d'aujourd'hui, 27 février.  Nous sommes allés au sommet du Vésuve, le seul volcan actif d'Europe continental (Il y a aussi le Stromboli sur une île).  La dernière éruption date de 1944.  Nous avons vu des vapeurs (de la fumée blanche) sortir du cratère quand nous étions au sommet et avions une vue plongeante du fond du cratère.  Magnifique.  La vue sur Naples et les environs était également à couper le souffle.  Quelle belle sortie.  J'essaie de mettre des photos sur le site à la prochaine mise à jour (qui peut être dans un certain temps en raison des difficultés que je rencontre pour brancher mon portable, c'est qu'une loi anti-terroristes empêche les gens de se brancher sans fil et ce n'est pas évident de trouver un point d'accès.  Pourtant il n'y avait pas de problèmes à Rome, l'Italie est pleine de contradictions...).